Après quatre échecs en finale de Masters 1000 cette saison,
Novak Djokovic
a enfin accroché un titre en dominant ce dimanche
Gaël Monfils
en finale du tournoi de Paris-Bercy. Et c'est détendu et soulagé que le Serbe s'est présenté en conférence de presse, son trophée sous le bras.
Novak, jusqu'où êtes-vous allé chercher cette victoire ?
Il a fallu que j'aille au fond de moi-même, j'avais perdu toutes les finales dans les derniers tournois que j'ai joués. Gaël commençait à rentrer dans le rythme de plus en plus, c'était spécial. Il avait un grand soutien de la part du public, je voyais que cela lui donnait plus de motivation et d'énergie, surtout à la fin du match. J'ai essayé de me battre à la fois contre lui et la pression du public. J'ai essayé de rester calme, de ne pas m'énerver. J'ai sorti toutes mes émotions à la fin du match, j'étais content.
Vous menez 6-2, 3-0, puis Gaël revient fort. Comment avez-vous fait pour conclure le match ?
Je crois que je me suis appuyé sur ma force mentale que j'ai emmagasinée dans les grands tournois. A force de me retrouver dans ce genre de situations, j'ai souvent été mené d'un break, ou au contraire je menais d'un break. Quand on commence à rencontrer ces situations, on acquiert de l'expérience. J'essaie de ne pas m'énerver, de rester concentrer et de jouer chaque point l'un après l'autre sans penser au résultat final. Vers la fin, je devenais de plus en plus lent, mes réactions sur le court n'étaient pas suffisamment rapides et cela me posait des problèmes. Il jouait les jeux de service plus facilement dans le troisième set. Moi, je devais assurer mes mises en jeu pour m'assurer d'aller jusqu'au tie-break, et ensuite essayer de gagner. J'ai obtenu un mini break que j'ai réussi à conserver jusqu'à la fin. Il a été très patient, il jouait intelligemment, il se déplaçait bien. Je crois que le soutien du public a été crucial dans le match aujourd'hui en sa faveur. Cela rend ma victoire encore plus grande à mon avis.
Quand le match vous échappait, étiez-vous préoccupé ? Et étiez-vous soulagé sur la balle de match ?
C'est vrai que j'étais soulagé parce que j'ai réussi à gagner ce titre après quatre échecs en finale en Masters 1000 cette saison. Et c'est du bonheur parce que j'ai réussi à gagner deux titres d'affilée. J'ai dû beaucoup batailler aujourd'hui, après presque trois heures de match et contre un joueur qui jouait dans son pays. Je prenais les points au fur et à mesure, je ne pensais pas à l'avenir.
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J'arrive à Londres avec une grande confiance
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Que se passait-il dans votre tête quand Gaël est revenu au score ?
J'étais préoccupé parce que Gaël avait trouvé son rythme sur le court, il jouait de mieux en mieux. Le stade tout entier était derrière lui. Il fallait que je me batte contre tous ces facteurs extérieurs, c'était préoccupant. Mais c'est un sport, et comme toujours en sport, tout peut changer en une seconde. En plus, une finale est toujours imprévisible, on ne sait jamais ce qu'il va se passer. J'étais conscient que je contrôlais le match jusque là mais j'étais aussi parfaitement conscient que j'avais un joueur en face de moi qui pouvait revenir à n'importe quel moment. Mais j'ai réussi à gagner quand même.
Après avoir battu Federer à Bâle puis Nadal ici, pensez-vous être dans la peau d'un n°1 mondial ?
Non, je ne me sentirais pas n°1 tant que je ne serai pas n°1. Je me trouve en très bonne forme en ce moment, c'est tout. Je me sens en confiance, je ne veux pas gaspiller des tournois, je veux faire de mon mieux à chaque match. Certains pourraient dire que ce n'est pas la bonne préparation pour le Masters de Londres, mais qui sait ce qu'il va se passer dans une semaine ? Aujourd'hui, je suis content d'avoir gagné un grand tournoi, donc deux titres avant la fin de la saison (
il a remporté Bâle dimanche dernier, ndlr
). J'arrive à Londres avec une grande confiance. La seule question est de savoir si j'arriverai à me reposer physiquement et à reprendre de l'énergie pour ce prochain événement.
Qu'est-ce qui est le plus usant ? Gagner un Grand Chelem ou deux tournois en battant les deux premiers mondiaux ?
C'est difficile de comparer, les Grands Chelems sont des tournois particuliers, ils durent deux semaines, on joue en cinq sets. Gagner deux titres l'un après l'autre à ce niveau de jeu, pour moi c'est un grand exploit. Si l'on ajoute à cela que j'ai battu le n°1 et le n°2 en plus. Je suis très content de ma performance au cours des quatre ou cinq dernières semaines. C'est peut-être la première ou la deuxième fois que je gagne deux titres d'affilée. Cela me donne encore plus de motivation pour refaire ce type d'exploit à l'avenir.
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Ma philosophie est de vivre au jour le jour
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Pensez-vous que s'imposer à Bercy est la meilleure préparation pour le Masters de Londres ?
Il y a différente manière de faire. Ma philosophie est de vivre au jour le jour et de gagner chaque match que je joue. Peu importe ce qu'il va se passer la semaine prochaine. Certains joueurs ont peut-être une optique différente, je la respecte. Chacun a sa propre manière de gérer son métier.
Vous avez parlé français sur le court. Pouvez-vous le refaire ?
J'ai épuisé tout mon vocabulaire (
Rires, ndlr
). Sur le court, j'étais concentré, je ne voulais pas faire d'erreur en français. Je crois que j'ai bien parlé, mais je suis encore en train d'apprendre. Je connais beaucoup de mots mais il faut que j'arrive à les rassembler.
Un petit mot quand même ?
Désolé (en français dans le texte). (
Rires, ndlr
)
Quel est votre programme avant de partir pour Londres ?
Mon entraîneur physique prévoit de m'entraîner deux heures demain matin ! Non, je plaisante (
Rires, ndlr
). Je vais me reposer pendant trois jours à la maison, à
Monaco
, et après je vais aller à Londres. Je vais peut-être pouvoir regarder un match de foot. Il y a Serbie-Corée du Sud mercredi, je vais essayer de regarder ce match avec des amis.
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