Bien que son éclosion n'ait pas été la plus spectaculaire, Vincenzo Nibali fait partie des révélations de l'année. L'Italien de 24 ans, au sein d'une équipe Liquigas qui ne manque pas de leaders (Basso, Pellizotti, Kreuziger), a su tirer son épingle du jeu avec en point d'orgue sa septième place sur le
Tour de France
. Le Sicilien, qui songe néanmoins à changer d'air dans un an, est déjà plein d'ambitions pour 2010.

Au mois de juillet, on l'a souvent vu accompagner les meilleurs, Contador et les frères Schleck en tête, dans les cols des Alpes et des Pyrénées. Il, c'est Vincenzo Nibali, la dernière petite perle du cyclisme italien en quête d'un potentiel vainqueur du
Tour de France
depuis plusieurs années. Le Sicilien est resté dans la course pour le podium jusqu'à quelques jours de l'arrivée, perdant ses dernières illusions dans le contre-la-montre d'Annecy. Septième à Paris, Nibali, qui fêtera ses 25 ans samedi, a néanmoins pris rendez-vous pour l'avenir.
Par ailleurs vainqueur cette année du Tour des Apennins et du Grand Prix de Camaiore, l'Italien, récemment interviewé par le site
Tuttobiciweb
, tire un bilan satisfaisant de la saison écoulée.
"Je suis satisfait de ma saison parce que j'ai encore progressé. Je me suis amélioré dans chacune de mes saisons depuis que je suis passé professionnel il y a six ans. A 24 ans, Ivan Basso, qui est un grand champion, avait fini 11e du
Tour de France
. J'ai fait mieux et je pense que c'est significatif."
En Italie, Nibali est justement présenté comme le successeur de Basso, son coéquipier chez Liquigas. Pur grimpeur comme le Véronais, le nouveau favori des tifosi pèche encore un peu dans les chronos. Un exercice dans lequel il devra progresser pour viser plus haut en 2010.
"Peut-être trop de capitaines dans l'équipe..."
L'an prochain, Nibali, stoppé fin août par une fracture de la clavicule consécutive à une chute sur l'Eneco Tour, y est déjà plongé. Approché par Sky pour devenir le chef de file de l'ambitieuse formation britannique, le natif de Messine n'a pas obtenu le feu vert de ses dirigeants pour rejoindre l'Angleterre.
"J'ai toujours rêvé de devenir le leader d'une équipe
, explique-t-il.
Donc j'ai demandé à mes dirigeants s'ils pouvaient me libérer un an avant la fin de mon contrat. Comme ils n'ont pas voulu, je n'ai pas pu m'engager avec Sky."
Chez Liquigas, Nibali devra donc encore la saison prochaine partager les responsabilités. Avec Basso, mais aussi Franco Pellizotti et Roman Kreuziger.
"Il y a peut-être trop de capitaines dans l'équipe
, ose le jeune coureur.
Mais je ne pense pas que j'aurai de problèmes avec ceux qui la composent aujourd'hui."
En attendant, le Sicilien doit, d'ici la fin décembre, définir son programme.
"Je ne sais pas encore si je courrais uniquement le Giro, le Tour, ou les deux"
, confie-t-il. Ses vues ne s'arrêtent pas que sur les grands Tours. Les grandes classiques l'attirent également.
"Je suis intéressé particulièrement par l'Amstel Gold Race et Liège-Bastogne-Liege. Aussi par les Championnats du monde. Je pense que
Cadel Evans
saura convaincre les organisateurs de son pays de faire un parcours sélectif pour défendre son titre..."
Ce qui in fine lui plairait bien. Lui qui aimerait pouvoir rester en forme suffisamment longtemps pour briller sur les dernières courses de la saison, une tout particulièrement.
"J'aimerais pouvoir défendre mes chances au Tour de Lombardie. C'est une course pour moi."
L'ambition, Nibali n'en manque assurément pas.
Newsweb