Le Comité des Six Nations a dévoilé mercredi, à la veille de la dernière journée du Tournoi 2010 ce week-end, les joueurs nommés pour le titre de meilleur joueur de la compétition. Quatre joueurs du XV de France en passe de décrocher le titre samedi, au Stade de France, face à l'Angleterre, avec le Grand Chelem en prime en cas de victoire, postulent pour ce titre prestigieux. Ainsi, Imanol Harinordoquy, Morgan Parra, Thierry Dusautoir et Mathieu Bastareaud sont en lice pour succéder au centre et capitaine irlandais, Brian O'Driscoll désigné en 2009. Les quatre Tricolores sont accompagnés par l'Irlandais Tommy Bowe et le Gallois Shane Williams. Le titre, attribué par le vote du public, sera décerné dimanche.
A la différence de ses aînés, Alexis Palisson, l'ailier de Brive, dit être insensible au "facteur Azincourt", qui faisait traditionnellement des France-Angleterre une prolongation de la Guerre de 100 ans. Il dit même avoir de bonnes relations avec les Anglais qui sont venus pratiquer le rugby professionnel dans des clubs français, et notamment à Brive. "Je parle un peu anglais (...) notamment avec Jamie Noon, qui me parle français et moi je lui réponds en anglais comme ça on travaille les deux langues", ajoute-t-il. "Les entraînements se font dans les deux langues. J'arrive à bien comprendre et à parler un petit peu dans le langage du rugby." A Brive, dit-il, les joueurs anglais "s'intègent très bien", mais s'ils ne sont "pas différents" des contrastes subsistent dans leur approche et leur culture du rugby. "Ils sont plus studieux. Ils ont un rugby plus cadré qui reste dans des schémas, dont ils ne sortent pas alors que nous, on a des schémas, mais on arrive quand même à prendre des initiatives", précise-t-il. "Dans ce qu'ils font, ils sont très bons, On a deux rugbys un peu différents, mais ils sont tous les deux efficaces."
S'ils ont l'occasion d'entrer dans la légende du Tournoi et l'histoire de l'équipe de France samedi, au Stade de France, face à l'Angleterre, Thierry Dusautoir et ses coéquipiers ont aussi l'opportunité de garnir leur compte en banque avec un pactole, qui peut atteindre jusqu'à... 75 700 euros en cas de victoire face à la Rose et donc de Grand Chelem. Ainsi, chaque joueur inscrit sur une feuille de match touche 4 600 euros, au titre de la convocation (1 150 euros) et de la sélection (3 450 euros), somme à laquelle s'ajoutent 4 400 euros par victoire à domicile et 6 500 euros par victoire à l'extérieur. La prime de Grand Chelem, elle, est fixée à 26 500 euros. Le compte est bon !
Très critiqué depuis le début de la compétition et victime d'un choc à la tête le week-end dernier face à l'Ecosse (15-15), Jonny Wilkinson, auquel a été préféré Toby Flood, ne sera pas titulaire samedi, au Stade de France, pour le choc face à la France en clôture du Tournoi des Six Nations. L'évènement est de taille outre Manche puisque c'est seulement la 3e fois de sa carrière internationale que "Wilko" est ainsi écarté au profit d'un de ses concurrents au poste. Flood succède ainsi à Paul Grayson, auteur de ce crime de lèse-majesté en 1999, et à Danny Cipriani, qui avait été préféré à son aîné en 2008. Interrogé dans les colonnes du Parisien avant d'apprendre sa relégation sur le banc, le Toulonnais affichait la sérénité de celui qui sait revenir de loin. "Je sais que je suis très critiqué, mais tout le monde a le droit d'avoir son opinion. Peu importe les intentions de certains et leurs buts, il doit y avoir une part de vérité dans tout ça. Si les gens le disent, c'est qu'ils le voient. Je les laisse dire. J'accepte les critiques parce qu'elles ne m'empêchent pas de continuer à croire en moi, en ce que je fais, et que mon attitude sur un terrain est la bonne."
Après s'être accordé 24 heures de réflexion supplémentaires en raison de nombreuses incertitudes liées aux blessures, Andy Robinson, le sélectionneur écossais, après avoir reçu les garanties espérées concernant son flanker Kelly Brown et son pilier Euan Murray, a finalement choisi pour le périlleux déplacement à Coke Park samedi, en clôture du Tournoi des Six Nations, de reconduire dans son intégralité le quinze du chardon crédité de son premier point de la compétition face à l'Angleterre (15-15). Le XV écossais: Southwell - S. Lamont, De Luca, Morrison, M. Evans - (o) Parks, (m) C. Cusiter (Cap.) - Barclay, Beattie, Brown - Kellock, Hamilton - Murray, Ford, Jacobsen. Remplaçants: S. Lawson, Dickinson, Gray, MacDonald, M. Blair, Godman, Danielli.
Martin Johnson, le sélectionneur du XV de la Rose, a tranché. Jonny Wilkinson ne conduira pas l'attaque de l'équipe d'Angleterre samedi, au Stade de France, à l'occasion du choc face au XV de France en clôture du Tournoi des Six Nations. Très critiqué depuis le début de la compétition et victime d'un choc à la tête le week-end dernier face à l'Ecosse (15-15), l'ouvreur du RC Toulon débutera sur le banc, tandis que Toby Flood officiera en 10 face aux Bleus. La ligne de trois-quarts anglaise est bouleversée puisque Delon Armitage cède sa place à l'arrière au joueur de Northampton, Ben Fodden, titulaire pour la première fois, et l'ancien treiziste des Saints, Chris Ashton, succède à l'aile à Ugo Monye, tandis qu'au centre, Mathew Tait est suppléé par Mike Tindall. Au sein du pack, le vétéran Simon Shaw rentre en 2e ligne au côté de Steve Borthwick, bon pour le service, mais surtout la rentrée de Joe Worsley en 3e ligne aux côtés de Lewis Moody et Nick Easter relègue aussi sur le banc James Haskell, qui avait pourtant débuté les quatre premiers matches du Tournoi. Le XV anglais: Foden - Cueto, Tindall, Flutey, Ashton - (o) Flood, (m) Care - Moody, Easter, Worsley - Borthwick, Shaw - Cole, Hartley, Payne. Remplaçants: Thompson, Wilson, Deacon, Haskell, Youngs, Wilkinson, Tait.
Après la signature de Lewis Moody la semaine dernière, le club anglais de Bath officialise l'arrivée à partir de la saison prochaine du 2e ligne international écossais du Stade Français, également capable d'évoluer en 3e ligne, Simon Taylor, pour 3 ans. Taylor, qui a déjà évolué dans la Ligue Celte avec Edimbourg, et donc dans le Top 14 avec le club de la capitale, où il était arrivé en 2007, s'apprête donc à découvrir la Premiership anglaise sous les ordres de Steve Meehan, ancien coach du Stade Français.
Si le XV de France a l'opportunité samedi, au Stade de France, de conquérir le 9e Grand Chelem de son histoire, l'opportunité sera donnée aussi aux hommes de Marc Lièvremont d'effacer le traumatisme du naufrage de Twickenham (34-10) l'an dernier. Une plaie depuis restée ouverte pour l'entraîneur tricolore, qui se souvient aussi de sa seule confrontation en tant que joueur avec la Rose. "J'ai eu la chance de jouer une fois l'Angleterre et de la battre. Ce n'est plus la même époque. Ce n'est plus le même groupe", déclare l'ancien troisième ligne aile, qui a porté 23 fois le maillot de l'équipe de France de 1995 à 1999. "C'était aussi une dynamique opposée. L'équipe de France avait été corrigée par l'Afrique du Sud en novembre (52-10 lors du dernier match au Parc des Princes, ndlr). Les Anglais étaient sûrs de leur force. Si on doit se servir d'une anecdote, c'est de se rappeler cela. Je me souviens d'ailleurs des Anglais dans le couloir, qui étaient extrêmement détendus. On s'était battu. On avait joué comme des morts de faim. C'était le premier capitanat de Raphaël Ibanez, l'ouverture du Tournoi et le premier match au Stade de France. Derrière, il y a le Grand Chelem."
Réagissant sur RMC au geste du pilier de l'équipe d'Angleterre, Dylan Hartley, coupable d'un "contact avec la zone des yeux" de son homologue écossais, Douglas Ford, le week-end dernier, lors du match nul (15-15) entre le XV de la Rose et l'Ecosse dans le Tournoi, Max Guazzini n'a pas caché son indignation. "S'il n'est pas cité, c'est un gros scandale. Ça voudrait dire qu'on a condamné Dupuy à six mois de suspension et Attoub à un an et demi pour rien, a réagi le président du Stade Français. Ça veut dire qu'il y a une justice à deux vitesses suivant que vous soyez français ou anglais. Il faut arrêter de baisser le pantalon. Ce n'est pas parce qu'ils ont inventé le rugby que les British doivent tout se permettre." Au bout du délai de 50 heures légal, Hartley n'a pourtant pas été inquiété...
La Dépêche du Midi révèle que depuis le début de la semaine, Eric Béchu, l'entraîneur du Sporting Club Albigeois, n'est pas apparu lors des deux séances d'entraînement programmées lundi et mardi, accréditant l'hypothèse d'un départ du directeur sportif avant même la fin de cette saison. Depuis la défaite (7-17) concédée le week-end dernier, lors de la 22e journée du Top 14, à domicile face à Bourgoin, qui a entériné la relégation de l'équipe tarnaise en Pro D2, Philippe Laurent, Jean-Christophe Bacca et Julien Guiard assurent la gestion du groupe professionnel, tandis que Béchu négocierait dans la coulisse son départ malgré l'année de contrat qui le lie encore au SCA. Le président Bernard Archila, qui avait toujours soutenu son entraîneur, fidèle depuis 11 ans au club, pourrait annoncer le départ de Béchu aux joueurs, qui ont désavoué leur entraîneur au cours d'une consultation, dans le courant de la journée.
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